7 min · mis a jour le 26 août 2026
Assurance vie et succession : comment fonctionne l'abattement de 152 500 euros
L'assurance vie doit une bonne part de son succès à son traitement au décès, souvent résumé à un chiffre : 152 500 euros. Ce chiffre est exact, mais il ne s'applique pas à tout, et il dépend d'un critère que beaucoup découvrent tard : l'âge auquel les primes ont été versées. Information générale, sans valeur de conseil personnalisé.
Par Claire Aubry · Mis à jour en août 2026
Les capitaux d'assurance vie sont hors succession civile
Sauf primes manifestement exagérées, les capitaux versés aux bénéficiaires désignés ne font pas partie de la succession au sens civil : ils reviennent directement aux personnes nommées dans la clause bénéficiaire, selon des règles fiscales qui leur sont propres. C'est ce qui permet, par exemple, d'avantager un proche qui ne serait pas héritier, dans les limites posées par la loi.
Primes versées avant 70 ans : l'abattement de 152 500 euros
Pour les primes versées avant le soixante-dixième anniversaire de l'assuré, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 euros, tous contrats confondus pour un même assuré. Au-delà, un prélèvement spécifique s'applique : 20 % sur la fraction taxable jusqu'à 700 000 euros par bénéficiaire, puis 31,25 % au-delà. Le point à retenir : l'abattement se compte par bénéficiaire, ce qui rend la rédaction de la clause déterminante.
Primes versées après 70 ans : un autre régime
Le mécanisme change. Les primes versées après 70 ans bénéficient d'un abattement global de 30 500 euros, à partager entre l'ensemble des bénéficiaires, et l'excédent est soumis aux droits de succession selon le lien de parenté. En contrepartie, les gains produits par ces primes échappent à cette taxation. Continuer d'alimenter un contrat après 70 ans n'est donc pas absurde, notamment pour un bénéficiaire non parent, mais la logique n'est plus la même.
Le tableau des deux régimes
| Primes versées avant 70 ans | Primes versées après 70 ans | |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 euros par bénéficiaire | 30 500 euros au total, tous bénéficiaires |
| Taxation au-delà | 20 % jusqu'à 700 000 euros, puis 31,25 % | Droits de succession selon le lien de parenté |
| Sort des gains | Inclus dans la base taxable | Exonérés |
| Texte applicable | Article 990 I du CGI | Article 757 B du CGI |
La clause bénéficiaire, le document le plus négligé
C'est elle qui distribue les abattements. Une clause standard rédigée à l'ouverture il y a vingt ans peut ne plus correspondre à votre situation familiale, désigner une personne décédée ou omettre un enfant né depuis. Trois vérifications utiles : les bénéficiaires nommés sont-ils toujours les bons, existe-t-il un rang subsidiaire si le premier bénéficiaire ne peut recevoir, et la formulation permet-elle une répartition claire. La clause se modifie à tout moment, par simple courrier à l'assureur, tant que le bénéficiaire n'a pas accepté sa désignation.
Les cas particuliers à connaître
Quelques situations sortent du cadre général.
- Le conjoint survivant et le partenaire de PACS bénéficiaire sont exonérés de droits de succession, ce qui neutralise la question de l'abattement pour eux.
- Les contrats souscrits avant certaines dates anciennes relèvent de régimes transitoires spécifiques.
- Des primes jugées manifestement exagérées au regard de vos facultés peuvent être réintégrées à la succession sur action des héritiers.
Ce que cela implique dans une stratégie de transmission
L'assurance vie se combine avec les autres outils, donation, démembrement, testament, plutôt qu'elle ne les remplace. Le raisonnement usuel consiste à alimenter les contrats avant 70 ans pour saturer les abattements par bénéficiaire, puis à réexaminer la stratégie ensuite. Un bilan patrimonial est l'occasion de poser cette architecture, en tenant compte de votre situation familiale et de vos autres actifs.
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Questions fréquentes
L'abattement de 152 500 euros s'applique-t-il par contrat ou par bénéficiaire ?+
Par bénéficiaire, tous contrats confondus pour un même assuré. Détenir plusieurs contrats ne multiplie donc pas l'abattement, mais désigner plusieurs bénéficiaires, oui.
Faut-il arrêter de verser sur son assurance vie à 70 ans ?+
Pas nécessairement. Après 70 ans, l'abattement devient global et limité à 30 500 euros, mais les gains produits par ces primes sont exonérés. L'arbitrage dépend de votre horizon, de vos bénéficiaires et de vos autres actifs.
Le conjoint paie-t-il des droits sur l'assurance vie ?+
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés de droits de succession, y compris sur les capitaux d'assurance vie qui leur sont versés.